Photo du profil de Thibaut DeverauxThibaut Deveraux asked 4 mois ago

Le but de cette question est de :

  • Faire connaître les métiers de la conception, en particulier ceux qui sont parfois mal compris.
  • Permettre aux acteurs des différents métiers de la création de mieux se comprendre.

Pour les indépendants, les agences, les entreprises, c’est aussi l’occasion de se faire connaître…

3 Réponses
Photo du profil de MarieMarie answered 3 mois ago

Je suis designer industriel.
Mon métier consiste à créer des produits. 
Ustensiles et robots de cuisine. Articles de sport. Mobilier. Etc. 
Mon boulot la dedans c’est de comprendre ce que veut l’utilisateur, qui il est,  quelles sont les valeurs de la marque, quelles sont les contraintes techniques..   Ensuite je dessine beaucoup d’idées de produits. Nous travaillons alors avec le responsable de l’entreprise et les ingénieurs pour converger vers ce qui sera le produit final. 
Après bien sûr ce n’est pas finit. Souvent il faut que je fasse des rendus 3D pour la com ou que je discute avec la production pour régler les détails avec le moins d’impact possible sur le design.
 

Photo du profil de Morgane AlinaïMorgane Alinaï answered 2 mois ago

Je suis aussi designer industriel.
 
Mon métier consiste donc aussi à créer des produits. Toutes sortes de produits. Le design intervient partout.
 
Quand je m’adresse à des PME, mon métier consiste déjà à expliquer ce que je fais. La France est pleine d’à-prioris sur le design. Beaucoup d’ingénieurs croient qu’ils ont dessiné un produit magnifique (ce qui peut être vrai, parfois…) mais ils ont oublié de faire un brief design, de se poser la question des valeurs de la marque qui doivent être transmises par le design, de la lisibilité des fonctions…
Heureusement le design bénéficie d’un soutient du gouvernement. Il paraît que cela rend les entreprises compétitives… C’est souvent ce qui convainc in fines les chefs d’entreprise. On va donc pouvoir avancer sur le projet car on a reçu le parrainage de l’état. Il va falloir ensuite tout au long du projet faire preuve de pédagogie car les leviers d’action du design ne sont pas toujours bien compris. A la décharge des responsables, beaucoup de ces leviers relèvent du domaine de la psychologie et de la sociologie. Ils ne sont pas toujours intuitifs, surtout pour les esprits très techniques.
 
La première étape est l’établissement du Brief Design. Vous voulez créer un produit ? Quel produit ? Pour quel marché ? Avec quelles contraintes ? Quels moyens de fabrication ? Quels moyens financiers ? Quel planning ? … Encore une fois seul le designer est formé à l’établissement d’un brief. Ce n’est donc pas quelque chose qui tombe tout cuit dans notre bouche. Les études marketing et cahiers des charges techniques lorsqu’ils existent sont une excellente base et doivent être complétés par quelques questions.
 
Ensuite vient la phase d’analyse. On analyse les données fournies. On cherches des univers connexes. On étudie l’environnement du produit. On regarde les tendances du secteur. On interview des utilisateurs… La phase d’analyse fait l’objet d’un rendu et d’une revue. Beaucoup de designers survolent cette phase pour gagner du temps. C’est le meilleur moyen de se planter !
 
Ensuite je réalise une recherche créative. Pour faire simple je dessine des dizaines de petits crobards en fonction des idées qui me viennent. Je prend du recule, essaie de savoir si ils sont cohérents par rapport au brief. J’en dessine d’autres… Lorsque j’estiment que j’ai suffisamment convergé, j’en sélectionne quelques uns, je les met au propre et je les présente au client. 
 
Le client réalise alors une étude en interne et en externe afin de me faire des remarques. Quid de la faisabilité ? Quid de l’appréciation des utilisateurs ? Quid de la cohérence avec le message de la marque ? A la suite de ces remarques, nous essayons de retenir 3 pistes que je « met à jour » en fonction ce qui doit être changé. Il est possible de boucler plusieurs fois.
 
Une fois que nous sommes d’accord, je réalise en collaboration avec les services techniques une 3D de la « peau » extérieur du produit, tandis qu’ils s’occupe des mécanismes. Cela peut donner lieu à plusieurs itérations. Il est bien entendu interdit aux ingénieurs de toucher le design sans demander mon avis. Sinon on a vite fait de tout casser. A l’inverse, je dois intégrer un grand nombre de contraintes techniques.
 
Lorsque nous avons finit par converger, il n’est pas rare que je réaliser des images de synthèses et des documents de communication pour commencer à travailler avec le réseau commercial. Un bon conseil aux entrepreneurs : je sais que vous êtes pressé mais n’annoncez pas disponibilité commercial avant d’avoir reçu les préséries. Il y a souvent des surprises dans la mise en place de l’industrialisation. Mon boulot est là encore de collaborer avec les services techniques pour que les problèmes soient résolus le plus rapidement possible.
 
Personnellement j’aime beaucoup être présente lors du lancement commercial du produit. Sur les salons par exemple. Cela me permet d’avoir les retours des clients et leur première impression. C’est aussi utile pour préparer les futures évolutions du produit…
 

Photo du profil de Sacha LamnaSacha Lamna answered 1 mois ago

Le client vient me voir avec son besoin de nouveau produit plus ou moins détaillé et je me débrouille pour qu’il ait un bon produit qui se vend à la sortie du projet.
Mon idée initiale était d’offrir de la gestion de projet tout au long du développement du produit. En faisant intervenir des externes là où c’est nécessaire (marketing, bureaux d’étude, fabricants, agence de communication…) et en réalisant moi même les phases qui relèvent de ma formation : design produit et développements techniques relavant du dessin industriel.
Dans la pratique aucun projet et aucune entreprise ne se ressemblent…
Sur la phase d’étude de marché, le client est souvent très impliqué. Certains la réalisent avant mon intervention, d’autres, moins expérimentés, me demandent de l’aide pour la mettre en place, souvent avec des budgets très serrés. J’ajoute ma petite touche personnelle en aidant le client à mettre en place un panel de 10-20 d’utilisateurs types ayant signé un accord de confidentialité qui suivront et commenteront le projet de bout en bout.
Je réalise généralement moi même la phase design bien qu’il me soit arrivé de demander de l’aide dans des moments où j’étais très chargé. C’est toujours agréable de travailler à plusieurs.
J’ai commencé à m’occuper moi même de la phase technique sur des projets où elle est relativement simple. J’ai une formation en dessin industriel avant ma formation design ce qui m’a permit de les gérer facilement. Aujourd’hui j’ai beaucoup appris et je peux réaliser la CAO d’un produit de sport un assez technique avec l’aide d’un bureau de calcul et d’experts de l’entreprise.
La phase d’industrialisation est en général une phase très axée gestion de projet et relation avec les sous traitants avec beaucoup de solutions à trouver et parfois des non conformités à gérer le plus rapidement possible pour arriver à sortir le produit dans les temps.
La mise en place de la phase de communication se fait toujours en collaboration avec les moyens dont dispose l’entreprise (commerciaux, graphistes, communicants…) ou une agence externe. Il s’agit de mettre en place les argumentaires de communication en fonction des caractéristiques du produit développé, de mettre en place les supports de communication, le plan de communication, les stands sur les salons…
Cette approche permet d’avoir des missions très intéressantes et beaucoup plus longues. J’ai beaucoup moins besoin de chercher de clients. Je suis quasiment le département développement produit mutualisé de quelques entreprises. En échange, je fais beaucoup moins de design, beaucoup plus de technique et, surtout, de gestion de projet.