Créer son identité sonore: la fausse bonne idée du concours

Suite à de nombreux cas récemment observés, je réagis de façon assez négative à l’ idée de vouloir organiser un concours  musical pour concevoir une identité sonore.

Non pas que la notion de concours soit préjudiciable à la qualité et au respect des projets , bien au contraire il est toujours positif de confronter idées, visions et intentions.

Mais dans la pratique, sa mise en œuvre ressemble plus souvent à une méthode contreproductive consistant à récupérer un  maximum de propositions musicales pour espérer trouver une perle rare qui n’existe pas.

 

L identité sonore se prête mal à cette façon de procéder qui a depuis longtemps montré ses limites et ses dérives. Ainsi est-il bon de rappeler qu’ une bonne musique fait rarement une bonne identité sonore.

Comme l’a dernièrement expliqué l’un des mes confrères à juste titre, l’identité sonore ne s’improvise pas. Elle se construit sur la base d’un projet, d’une vision. Elle se formalise pas à pas dans une démarche collaborative et co-créative, entre l’ agence et l’entreprise.

C’est en respectant un certain nombre de règles et d’étapes stratégiques que l’on parvient à définir un univers musical et sonore qui créée du sens et de la valeur pour la marque.

 

Le responsable de communication d’une société d’ assurances me confiait il y a deux ans avoir organisé un concours musical pour créer son identité sonore.  Il avait ainsi demandé à un certain nombre d’agences,  compositeurs et musiciens indépendants de leur faire parvenir des propositions musicales sur la base d’un simple cahier des charges.

Une méthode qui devait selon lui limiter les risques et optimiser les chances d’un résultat unique. Il avait alors retenu avec son équipe, parmi une dizaine de propositions originales, une musique qui leur semblait la plus représentative de la marque.

Malgré la qualité incontesté de la musique, l’interne n’a jamais réussi à comprendre ni à s’ approprier ce choix d’identité sonore; lui même ayant du mal à se l’expliquer de façon rationnelle.

Il a également appris à ses dépends que chaque média sonore répond à ses propres codes et nécessite une approche indépendante. Or sa musique était utilisée dans un même format d’origine sur toutes les applications, de façon inappropriée, provoquant rapidement un sentiment d’agacement et de lassitude en externe.

Depuis, il a procédé différemment en respectant un process constructif  qui lui a permis de mieux comprendre, guider et piloter son identité sonore.

En optimisant chacune de ses applications, la marque est parvenue à créer un univers sonore cohérent et valorisant  qui remporte aujourd’hui une adhésion forte auprès de ses publics et s’inscrit désormais pleinement dans son capital de marque.

Cette expérience rappelle à quel point l’identité sonore relève du langage de marque et de son design, avec ce que cela implique en terme de pratiques, de fonctions et d’émotions.

Pour garantir son originalité et sa différenciation, l’identité sonore doit respecter un cheminement stratégique construit,  même en laissant à la créativité toute la place qu’elle mérite.

 

Cyrille Murard / directeur conseil identité sonore

Capital Music /  www.capitalmusic.fr

 

By | 2017-01-07T19:23:09+00:00 décembre 21st, 2011|Categories: Design|Tags: , , , |Commentaires fermés sur Créer son identité sonore: la fausse bonne idée du concours

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