Fidèle compagnon de Columbo, sketch de Dany Boon, « l’imper » est de nouveau de sortie en ces jours de pluie.
Bien avant les matières synthétiques, comment se protégeaient des eaux du ciel nos ancêtres?
Grecs et Romains portaient manteaux à capuche en laine à trame serrée; au Moyen Age, les plus aisés des pèlerines en toile épaisse, doublées de fourrure.

Mais c’est bien plus tard, en 1823, que le vêtement imperméable fut conçu. Charles Mackintosh, industriel écossais en matières colorantes, employa le benzol qu’il n’utilisait pas comme solvant du caoutchouc. Le vernis ainsi créé rendait étanche à l’eau les vêtements qui en étaient appliqués. Pour l’anecdote, les indiens d’Amazonie imperméabilisaient déjà leurs vêtements au XIIIème siècle, avec la sève de l’hévéa…
Dès 1836, le procédé était tellement célèbre que le nom de Mackintosh est devenu un terme générique en Grande-Bretagne pour désigner un imperméable. Les premiers modèles furent commercialisés en 1924.

L’imperméable connut diverses évolutions et déclinaisons : la gabardine créée par le Britannique Thomas Burberry (de la marque du même nom) en 1880; le trench-coat (manteau des tranchées) porté par les soldats anglais lors de la Première Guerre Mondiale et devenu l’imperméable des détectives au cinéma; le ciré pour marin, conçu par Guy Cotten en 1960 pour remplacer leurs lourdes vestes de coton huilé. On peut aussi noter la réapparition de l’imperméable en plastique transparent dans les années 70, modèle imaginé par Coco Chanel trente ans auparavant : on le connait plutôt aujourd’hui comme imperméable premier prix…

En 1965, l’imperméable connait sa petite révolution par l’entremise de Léon-Claude Duhamel : ce fabricant de pantalons français voulut créer un vêtement léger en cas de pluie… C’est le fameux K-way, qui se range dans une poche banane qu’on porte à la taille. Imaginé pour les enfants, cet imperméable en nylon a connu un succès international grâce à ce nouveau nom.


Le nylon a aujourd’hui laissé sa place à des matières plus techniques dérivées d’élastomères comme le fameux Gore Tex, répandu à partir des années 80. Ces nouvelles membranes sont toujours plus étanches tout en assurant une meilleure respirabilité.

Fini le temps où l’on transpirait à l’intérieur de nos imper’…

Une histoire racontée par Johann Paquelier.