Si on ne se bat pas pour le design, il finira par disparaître…

Le contexte : le design dans les nomenclatures des métiers

Il ya quelques semaines l’Alliance Française des Designers publie un article nous informant que le mot « design » était remplacé par « concepteur de modèle » dans les classifications internationales de métiers traduite par l’INSEE. L’AFD invite à signer une pétition en mettant en garde : « Designers et designeuses, en France, bientôt vous n’existerez plus !« .

Cliquer ici pour voir l’article et la pétition de l’AFD

Cliquer ici pour plus de précision sur les traductions

Réactions : le débat du nom refait surface…

Comme d’habitude lorsqu’on aborde le sujet de la compréhension du design le débat du nom pointe son nez. Le terme design est mal compris, galvaudé. Voir par exemple l’article « le mot design atteint du Virus A ? » ou « L’expression objet design, une arnaque montée pour la com ?« . C’est une situation que vivent les designers au jour le jour, qui les oblige en permanence à faire de la pédagogie pour sortir des fantasmes et replacer le métier dans un contexte d’entreprise.  Le directeur d’une agence de design et communication sur Paris me confiait qu’il chiffrait à 1/3 de son temps de prospection, le temps passé en explications qui auraient pu être évitées. La France est un pays des d’Europe qui fait le moins appel au design : 40% contre 70 à 90% dans d’autres pays.

Dès lors certains voient les propositions de l’INSEE comme une opportunité pour changer le nom du design pour quelque chose de plus parlant. Le débat s’ouvre donc dans le fil de commentaires du billet de blog et via le bouche à oreilles.

Est-ce vraiment un débat sur le nom ?

Si le débat sur le nom n’est pas nécessairement stérile, on peut se demander si il vient à point dans ce contexte.

Existe-t-il une volonté politique affichée de changer le nom de la part de l’INSEE ? Certainement pas. Seul les registres internationaux sont touchés, le terme reste traduit par design dans les registres français. Il s’agit plus certainement plus d’une traduction approximative liée au flou qui entoure le profession auprès d’un certain public… dont le traducteur faisait certainement partie.

Si on voulait réellement changer le nom d’une filière qui pèse près de 7 milliards d’euros dans l’économie française (cf. Beda) il faudrait mettre en place une concertation et un plan de communication sérieux sous peine de perdre les entreprises dans les nouveaux mots. De plus il est improbable que cela résolve tout d’un coup de baguette magique. Les difficultés de la profession à expliquer son métier son dues avant tout à la faible coordination autour d’actions de sensibilisation par les professionnels.

Les conséquence de cette erreur de traduction ?

Cette classification est utilisé pour les statistiques sur les métiers, qui assoient leur crédibilité et leur visibilité auprès des organismes et des entreprises. Si le mot « design » n’est pas traduit de manière universelle, c’est la profession entière qui deviens inexistante auprès des décideurs et des relais de communication qui se réfèrent à ces codes. En gros : le terme design ne fait plus partie du dictionnaire de l’économie.

Si l’INSEE n’a pas le pouvoir de renommer le design sur le terrain, il a bien le pouvoir de brouiller les cartes et de couper le design d’un certain nombre de circuits officiels sur une bête erreur de traduction.

Or l’INSEE n’est pas non plus censé être un devin. C’est aux professions de défendre leurs nomenclatures et d’engager le dialogue pour défendre les réalités terrain. Soyons clair. Sans l’action des organismes fédérateurs comme l’AFD, la FéDi, la recherche en design, effectivement le design n’existerait plus.

C’est pourquoi, qu’on aime ou qu’on aime pas le mot design, si on aime le design, signer la pétition de l’AFD c’est tout simplement défendre son métier : son existence dans les circuits officiels et la communication qui en est faite auprès de nos partenaires et de nos clients.

Retrouver la pétition sur le site de l’AFD.