C’est le docteur français René Laennec, précisément le 17 février 1816.
Avant cette date, aucun appareil n’existait pour écouter le cœur des patients à part… l’oreille. Difficile notamment face aux problèmes d’obésité et d’hygiène alors toute relative. Devant ausculter une femme, Laennec créa un tube à partir de feuilles de papier pour ne pas avoir à coller sa tête contre la poitrine de sa patiente. Chose imprévue, les battements étaient bien plus perceptibles qu’à l’oreille nue…

 

Stethoscope originel en forme de tube

Auscultation de Laennec – Hardluck asthma

Pourquoi alors ne pas développer un véritable appareil ? Laennec entreprit alors divers tests pour aboutir à un modèle en bois comme ci-dessous, objet qu’il désirait appeler « le cylindre », trouvant inutile de nommer un tel appareil. Raillé par ses confrères, il finit par l’appeler stéthoscope en 1818.

 

Stethoscope en bois de Laennec

Stéthoscope en bois de Laennec – Antiquemed

Le docteur français publia même Le livre de l’auscultation médiate, dans lequel il décrit les bruits caractéristiques audibles grâce à son appareil. Le stéthoscope arrive par la suite en Grande-Bretagne en 1825 avant d’être utilisé dans le monde entier. Un peu avant 1830, il est amélioré par le médecin Pierre Piorry avec un adaptateur en ivoire :

 

Stethoscope de Pierre Piorry

Stéthoscope de Pierre Piorry – Antiquemed

Piorry inventa à la même époque un stéthoscope flexible plus pratique :

 

Stethoscope flexible Piorry

Exemplaire de stéthoscope flexible – Antiquemed

En 1829, c’est Nicolas Commins qui propose par des croquis le stéthoscope biauriculaire (pour les deux oreilles), mais celui-ci ne fut finalement breveté qu’en 1851 par le médecin américain Nathan B. Marsh. Cet appareil utilisait deux parties en caoutchouc reliées à une pièce de bois, le tout démontable.

 

Stethoscope biauriculaire Marsh

Stéthoscope Marsh – Antiquemed

Vers 1850, le stéthoscope différentiel est développé par le docteur Alison : il permet grâce à l’effet stéréo d’entendre les sons d’une partie du corps à deux endroits différents :

 

Stethoscope Alison

Stéthoscope Alison – Antiquemed

Si ce modèle existe encore, c’est bien plus tard, en 1961, que le stéthoscope contemporain s’impose par l’entremise du docteur David Littmann. Son double pavillon (la partie froide que le praticien applique pour écouter ce qui se passe dans notre corps) permet d’écouter sur une face les hautes fréquences, et les basses de l’autre. Pavillon large, tubes métalliques et petits écouteurs sont ainsi parfaits pour amplifier les sons.

 

Stethoscope contemporain Littman

Stéthoscope Littman – Antiquemed

Ce type de modèle est toujours utilisé aujourd’hui. On a même développé sous la marque Littman un modèle électronique permettant de filtrer les sons parasites :

 

Stethoscope electronique

Stéthoscope électronique – Healthcare

En 2006, des Américains (dont le département de recherches de l’armée) ont développé un prototype dans ce sens, utilisant les ultrasons afin d’annihiler les bruits parasites et se concentrer uniquement sur les sons à écouter. Divers modes d’auscultation peuvent être sélectionnés selon l’environnement, particulièrement pratique sur les zones de conflit pouvant s’avérer bruyantes.

 

Stethoscope de l'US Army

Prototype de stéthoscope – Acoustics.org

Pour de plus amples informations sur l’histoire du stéthoscope, consultez ce site… (en anglais)

Une histoire racontée par Johann Paquelier.

Crédits image d’en tête : Confessions of a nurse