Mettons-nous dans l’ambiance pour bien commencer cet article !
Et partons du côté de la Polynésie, dans le Pacifique. En 1778, l’explorateur anglais James Cook découvre les îles Hawaï. Et des surfeurs ! Si on ne note que peu d’écrits antérieurs à ce sujet, la planche la plus ancienne retrouvée jusque alors daterait du XIVe siècle, vestige du tombeau d’une chef hawaïenne. Découverte en 1905, elle était constituée de bois; avec l’écorce de cocotier, autre matériau utilisé, ces premières planches appelées « longboards » atteignaient parfois 6m de long.

 

Pratique traditionnelle du surf

Pratique traditionnelle du surf – 360guide.info

Rite traditionnel où l’on prouvait sa force puis loisir, le surf est devenu un sport au XXème siècle. A ses débuts, une planche pouvait peser plus de 80kg, puis en moyenne une cinquantaine… Trop lourd pour Tom Blake qui avait du mal à les utiliser. Cet Américain décida alors, en s’inspirant des planches originelles, de les percer puis de les recouvrir de contreplaqué. Moitié moins lourdes, ressemblant à des ailes d’avion, ces « hollow boards » furent brevetées en 1929, améliorée en 1934, et dotées d’une dérive pour la première fois l’année suivante, permettant un meilleur contrôle de la planche, popularisant ainsi la pratique et facilitant même le secours en mer par les sauveteurs l’utilisant.

 

Hollow surfboard de Tom Blake

Tom Blake à l’œuvre – California surf museum

En 1920, Blake rencontre une autre figure du surf : Duke Kahanamoku, nageur olympique et inventeur du surf moderne, grâce à qui la pratique se démocratisa. Elle était pourtant interdite par les colons britanniques, la jugeant dégradante car réalisée presque nu. Duke sauva plusieurs personnes d’un naufrage, les ramenant sur sa planche. Il inventa diverses figures sur des modèles sans dérive, et proposait des démonstrations dans le monde entier, rendant le surf populaire.

 

Duke Kahanamoku inventeur du surf moderne

Duke Kahanamoku – Xoff

Vers 1947, Bob Simmons révolutionne à son tour le surf grâce à un matériau sandwich : un cœur en polystyrène, du balsa, le tout recouvert de contreplaqué pour plus de légèreté. En 1949, il utilisera polyester et fibre de verre pour recouvrir le polystyrène et atteindre un poids minimal record de 11kg ! Il améliora aussi la forme de ces planches dites « Simmons » pour une meilleure maniabilité.

 

Surf Simmons

Un surf Simmons original – joebsurfshapes

Des planches plus courtes apparurent dans les années 60 comme l’exemple ci-dessus, et de nombreux autres exemples de « shapes » existent (voir l’image d’en-tête), comme de nouvelles pratiques. Le surf fut importé en France en 1957 avec le tournage du film Le soleil se lève aussi.
Aujourd’hui, les planches actuelles peuvent descendre sous les 2kg comme cet exemple à dérives en carbone; elles sont réalisées en composite (fibre de verre et résine polyester), non recyclable. L’entreprise Sheldrake a alors mis au point un surf avec une âme en carton, recouverte fibre de verre et de résine, dont on peut apercevoir une partie du montage dans cette vidéo :

L’entreprise basque Notox se démarque elle aussi par une démarche complète, avec des matériaux recyclés et une fabrication la plus responsable qui soit (les produits utilisés pour la réalisations d’une planche étant toxiques). Le surf se veut ainsi en adéquation avec son esprit proche de la nature et respectueux de l’environnement.

D’ailleurs, si votre vieux surf vous encombre : recyclez-le !

Une histoire racontée par Johann Paquelier.

Crédits image d’en tête : surf-designs