Yoyo !

Une invention ludique pleine de mystères…
Après la Chine ou les Philippines, où on utilisait une pierre au bout d’une ficelle comme arme de chasse (inspirée de la langue du caméléon), le yoyo est « officiellement » représenté sur des poteries grecques au Vème siècle avant Jésus-Christ. Un des plus vieux jouets du monde…

C’est seulement à la fin du XVIIIème siècle qu’il apparaît en Europe : en Angleterre tour d’abord, adulé par les jeunes aristocrates sous le nom de bandalore. Jouet de luxe, les matières les plus nobles sont utilisées pour sa fabrication (bois précieux, et même verre ou cristal !) et sa décoration (ambre, nacre, perles, pierres précieuses…). Deux ans après Révolution française, le yoyo traverse la Manche importé par les nobles ayant fui pendant cette période. On l’appelle dès lors Émigrette, jeu de Coblence ou Joujou de Normandie…

Le yoyo franchira l’Atlantique pour un premier brevet en 1866, et d’autres qui suivirent jusqu’en 1911. Mais c’est surtout dans les années 20, grâce à Pedro Flores tout d’abord que le yoyo se redécouvre. Son Filipino yo-yo, dont la ficelle enroulée autour de l’axe permet de nombreuses figures, provient tout droit des Philippines où il est sport national. Devant l’engouement des plus jeunes, Flores investit dans un atelier afin de fabriquer industriellement ses modèles en bois, jusqu’alors taillés à la main.

 

En 1930, le nom yo-yo est déposé par l’Américain Donald Franklin Duncan, qui rachète l’entreprise de Flores. Associé au géant de la presse Randolph Hearst,  il lance des compétitions pour les enfants et des représentations dans tout le pays : la yoyo mania se poursuit, aidée par de nombreuses campagnes publicitaires. En 1955, Duncan innove : il produit par l’intermédiaire de la Flambeau Plastic Company des yoyos en plastique. Concurrence oblige, le nom yoyo devient public dix ans plus tard. Flambeau rachète Duncan qui fit faillite, et continue à produire ses modèle synthétiques uniquement.


Le yoyo revient en force dans les années 80, tout d’abord avec Thom Khun qui dépose le brevet d’un yoyo personnalisable grâce à ses hémisphères démontables…

… mais plus encore, le Roll’in, petit yoyo publicitaire distribué dès 1985 par des marques telle Coca Cola relance le phénomène :

A la différence du modèle classique, celui-ci peut aller dans tous les sens, permettant de nombreuses figures…

Ceci marque la fin du yoyo détente pour une pratique et des modèles plus techniques : championnat des États Unis début 80, yoyo à roulement à billes en 84 amélioré en 90 par Khun :

Fin des années 90, et à l’instar de Duncan à son époque, la société japonaise de jeux Bandaï relance le mouvement par des manifestations et compétitions. Le plastique cède sa place à l’aluminium pour revenir en 2000 dans une matière plus technique; il devient débrayable (il peut tourner en roue-libre). Aujourd’hui, le yoyo est un véritable sport de performances comportant des « styles » pour des démonstrations toujours plus impressionnantes, dont le « non-responsif » où l’on doit effectuer un geste particulier pour que le yoyo remonte dans la main :


Voici un aperçu d’un modèle Duncan moderne… qui coûte la bagatelle de 125$ !

Qu’il est loin le temps où l’on considérait le yoyo comme dissipateur de stress !
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, rendez-vous ici.

Une histoire racontée par Johann Paquelier.

By | 2017-01-04T23:21:28+00:00 octobre 31st, 2012|Categories: A la découverte des objets, Objets d'aujourd'hui, Objets d'hier|0 Comments

About the Author:

Laisser un commentaire