L’invention du couteau suisse

Alors, vraiment suisse ce couteau ? Oui !
Fin des années 1880 : les autorités helvètes, alors qu’elles se fournissent chez leurs voisins germains, recherchent un nouveau modèle de couteau pour que leurs soldats puissent non seulement ouvrir leurs boîtes de conserve, mais aussi démonter leur fusil.
1891, le modèle choisi est validé sous le nom Modèle 1890, conçu par Karl Elsener, fondateur de… Victorinox (qui fabriquait alors des couteaux de cuisine et pour les fermiers). Ce premier modèle comporte une lame, un ouvre-boîte, un tournevis plat et un poinçon intégrés dans un manche en chêne noirci :

D’autres fabricants tel Wenger (racheté par Victorinox en 2005, devenant seul fabricant officiel) produisirent ce couteau militaire gravé KMV (abréviation de Kriegsmaterialverwaltung pour intendance du matériel de guerre) qui subira diverses évolutions que l’on peut découvrir ici, chaque modèle possédant un numéro correspondant à l’année de sa sortie.
Pour l’anecdote, c’est en 1909 que le gouvernement suisse autorise l’application de son drapeau sur le manche. Jugé trop lourd pour les officiers, une évolution allégée – devenant civile – pourvue d’une lame supplémentaire et d’un tire-bouchon est développée. C’est cette version, notamment après la Seconde Guerre mondiale qui démocratisa cet outil, les GI américains rapportant chez eux le fameux Swiss Army Knife… Gris pour l’armée, la version civile étant rouge.

Mais qu’est ce qu’un véritable couteau suisse ?  C’est ce couteau de poche repliable qui comprend une lame associée à divers outils comme un cure-dent, une pincette, une paire de ciseaux, un ouvre-boîte,  un tire-bouchon… Un maximum d’outils dans un minimum de place ! Actuellement on compte 360 versions, et 80 accessoires…

… dont certains qui peuvent sembler étonnant, comme l’altimètre, la montre ou même le briquet. Que pensez-vous de cette version à pointeur laser et clé USB ?

Ils ne sont toutefois pas tous rouges !
Un modèle plus particulier encore a été conçu : 141 fonctions, 87 outils pour presque 1,4kg ! Assemblé à la main (8h de montage) en quantité limité, il fut vendu 990 francs suisses et inscrit dans le livre des records…

L’image de cet outil est si forte que le studio Art. Lebedev s’en est inspiré pour son égouttoir à vaisselle :

David Suhami l’a quant à lui pensé dans un but pédagogique en remplaçant les lames par les membres d’animaux sur son modèle Animal Pocket Knife :

Animal Pocket Knife, le couteau suisse des animaux par David Suhami.

Le couteau suisse a en outre participé à la conquête de la Lune, et se trouve au Musée d’art moderne de New York. Certains modèles (taille-crayon, éplucheur) n’auraient pas dépassé le stade du prototype… Il est tellement populaire qu’on l’a passé dans le langage courant pour qualifier une personne ou un objet ingénieux.

Au fait…

… n’oubliez pas de lui rendre !

Une histoire racontée par Johann Paquelier.

By | 2017-01-04T23:25:38+00:00 octobre 24th, 2012|Categories: A la découverte des objets, Design, Objets d'aujourd'hui, Objets d'hier|0 Comments

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