Vous l’aurez sans doute compris, photorama est la contraction de photographie et panorama, appareil dont le brevet fut déposé par Louis Lumière fin 1900. L’idée ? Présenter la projection statique d’une photographie panoramique circulaire. Ce principe fut rendu possible d’une part grâce au Périphote, dont l’objectif tourne de 180° à 360° grâce à un moteur à ressort à vitesse réglable alors que la pellicule est fixe…

… et permettant des prises de vue panoramiques telles que celle-ci…

… et d’autre part au Photorama. Composé de douze lentilles installées sur un plateau tournant à 3 trs/s autour de la pellicule, il projette chaque partie de l’image de manière à la reconstituer en une seule image continue – la persistance rétinienne aidant – et à l’agrandissement infini. Avec ce procédé mobile, le rendu était plus propre qu’une simple juxtaposition d’images qu’on pouvait rencontrer jusqu’alors (pas de Photoshop à l’époque !).

Crédits image : Institut Lumière

Manque un élément important du Photorama Lumière : l’écran. Cylindrique avec près de 20m de circonférence et 6m de haut comme on peut le voir en en-tête, il encercle le public et devient une véritable salle de projection à 360°. Des centaines photos furent prises ainsi; celle ci-dessous est une version « miniature » visible à la Villa Lumière située à Lyon :

Crédits image : Patrick Salètes

Voici d’ailleurs votre ticket d’entrée pour la découverte du Photorama…

C’est parti pour la visite !

Le panorama est à l’origine une création du peintre irlandais Robert Barker brevetée en 1796, qui consistait en un trompe-l’œil peint tendu dans un bâtiment de forme cylindrique (rotonde), où le spectateur s’immerge, à l’image du Photorama. Véritable attraction, le panorama peint devint une mode au point qu’on construisit de nombreuses rotondes en Europe et ce jusqu’au début du XXe siècle. Le Photorama était alors la suite technique logique… vite oubliée avec le Cinématographe (dont il utilise certains principes !) des mêmes frères Lumière, conçu quelques années plus tôt.
Dire que ceux-ci considéraient le cinéma sans avenir…

Pour compléter cette histoire, voici un article très détaillé sur la photographie panoramique.

Une histoire racontée par Johann Paquelier.

Crédits image d’en tête : Institut Lumière