Diaspora, les réseaux sociaux décentralisés. Vers de nouveaux usages ?

Les réseaux sociaux décentralisés, la nouvelle coqueluche du web ? C’est ce qu’on se dit quand on voit que les 4 jeunes créateurs de Diaspora ont réussit à lever 200 00$ pour leur projet. Cependant, le concept est loin d’être simple et suscite en pratique plus d’interrogations que de réponses sur la toile. Petit tour d’horizon de ce mode de fonctionnement qui pourrait bien changer nos usages des réseaux sociaux…

Qu’est-ce qu’un réseau social décentralisé ?

Pour bien comprendre le concept, il faut mettre les mains dans l’architecture qui sous tends à ces réseaux. Inutile de savoir coder pour cela, c’est la manière dont circulent les informations qui nous intéresse.

Sur une plateforme de réseau social classique, par exemple Facebook, il n’existe qu’un seul nœud de réseau, le même pour tous. Chaque utilisateur se connecte à la plateforme Facebook, à partir de laquelle il peut interagir avec ses amis, eux aussi connectés à Facebook. En un mot, facebook est une plateforme, une application unique qui permet à ceux qui y sont connectés d’échanger.

Contrairement à Facebook, les réseaux sociaux décentralisés ne reposent pas sur une plateforme unique, mais sur une multitude de plateformes connectées entre elles par un protocole d’échange. Autrement dit, vous pouvez vous connecter sur la plateforme http://diasp.eu et dialoguer avec un ami connecté sur la plateforme concurrente http://weleft.com, comme si vous étiez au même endroit.

Sur un réseau social décentralisé l’utilisateur passe par une plateforme pour interagir avec ses amis.

Lorsque le réseau social est au contraire centralisé, l’information transite par plusieurs plateformes.

Ce fonctionnement est dans la pratique totalement transparent pour l’utilisateur qui a l’impression que tout se passe depuis la plateforme qu’il utilise.

Les réseaux sociaux décentralisés reposent sur un protocole d’échange standard open source et ouvrent les services d’hébergement à la concurrence. Rien ne vous empêche d’ailleurs, de mettre en ligne votre propre serveur et de vous connecter au réseau global depuis une plateforme qui vous appartienne.

Cette ouverture à la concurrence a un certain nombre de conséquences, à la fois sur le dynamisme entrepreneurial, donc l’innovation et la richesse des services auxquels nous aurons accès, et à la fois sur la manière dont nous utiliserons les réseaux sociaux si ce système se généralise.

Plus de diversité et d’innovation dans les services

Chaque hébergeur de profil aura ainsi la possibilité de développer des services spécifiques pour ses utilisateurs. Il sera alors possible de choisir celui qui nous plait le mieux en fonction de critères comme l’ergonomie de l’interface, les graphismes proposés, les fonctions proposées.

Il n’est pas impossible à ce stade d’imaginer que des business modèles puissent apparaître, avec des services premiums permettant par exemple de se rencontrer entre utilisateurs ciblés, ou de pouvoir à la fois accéder à son blog et son réseau social depuis une même interface.

De même on peut tout à fait imaginer que des entrepreneurs développe des services connexes, depuis lesquels on pourra se connecter quelque soit son hébergeur. Des jeux en ligne par exemple

Gageons que l’imagination des entrepreneurs n’aura pas de limite et qu’on pourra se composer son propre environnement. Notre page d’accueil de réseau social pourra ressembler à la fois à un site internet, un blog,  à un tableau de bord de services…

Un fonctionnement simplifié pour l’utilisateur

Qui ne connait pas la galère de devoir s’inscrire sur une dizaine de réseaux sociaux et de tenir à jour ses profils. L’utilisateur moyen est inscrit à Facebook, à Viadeo, à LinkedIn, parfois Twitter, et à quelques forums et autres réseaux spécialisés.

Si le mode de fonctionnement des réseaux sociaux décentralisés se répand, on peut imaginer qu’à plus ou moins long terme on verra se dessiner un protocole unique d’échange entre les réseaux. Dès lors, il ne sera plus question de s’inscrire à tel ou tel réseau, mais de connecter son profil à tel ou tel groupe. La différence est de taille car cela signifie qu’on pourra gérer l’ensemble de sa participation aux réseaux sociaux depuis une interface unique.

Par exemple, il serait possible de se connecter au forum trucsetastuces.fr et de répondre aux autres participants directement depuis les flux qui s’affichent dans notre profil.

Ce même système pourrait s’étendre aux blogs. Il est probable que cela permettra de gérer notre participation aux commentaires, mais quand on sait qu’un certain nombre d’utilisateurs lisent les blogs directement dans leurs agrégateurs RSS, on peut se demander si on ne va pas voir se développer un système similaire permettant de suivre les articles des bloggeurs qui nous intéressent directement dans le fil de notre page d’accueil.

Dans la pratique c’est toute l’architecture des outils 2.0 qui pourrait se retrouver modifiée. Un forum ne ressemblera plus à un forum comme on le connait aujourd’hui. Un blog qui nous intéresse pourrait devenir un composant de notre réseau social.

Si cette vision va très loin dans la prospective, il est très probable que la décentralisation de l’infrastructure technique des réseaux donnera la possibilité à l’utilisateur plus de latitude pour gérer sa participation aux différents points de rencontre du web social comme il l’entend. Pourquoi pas de se créer un tableau de bord centralisé depuis lequel il pourra surveiller sa participation aux différents groupements et interagir avec les autres internautes.

Aller plus loin : Diaspora, à quelles évolutions faut-il s’attendre à moyen terme du coté des réseaux sociaux décentralisés.

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