#Interview : l’eBridium, une imprimante 3D capable d’utiliser directement les granulés d’injection.

Aujourd’hui Crea.Coffee reçoit Gregory Sant, fondateur de l’entreprise All Trends et inventeur de l’imprimante e-Bridium 3D. Cette imprimante permet la fabrication de pièces directement à partir de granulés d’injection plastique. Cela présente beaucoup d’avantages comme la disponibilité illimitée des matières, leur prix, la qualité obtenue… A découvrir dans cette interview.

A noter que Grégory tiens aussi un « carnet de veille » autour de l’innovation, sur le blog éponyme All Trends.

 

Gregory Sant

Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis designer industriel de formation et j’ai exercé ce métier en agence, mais aussi entreprise de la TPE ou très grand groupe. Je me suis toujours intéressé aux technologies, et à l’innovation. J’ai créé All-Trends en 2011 en tant qu’agence de design industriel et de bureau d’étude. J’anime depuis 2008 un blog d’actualité sur l’innovation.

Mes meilleurs souvenirs sont des synergies et rencontres avec des sociétés ou personnes qui vous permettent d’avancer et d’aller toujours plus loin.

Et comment en est vous arrivé à concevoir des imprimantes 3D ?

En 1993, dans le cadre d’un stage dans un grand groupe industriel, j’ai pu approcher l’impression 3D pour valider mes designs. J’ai donc suivi de très près son évolution et les possibilités apportées par les nouvelles solutions d’impression 3D. En 2012, les Etats Unis ont eu une forte progression du marché. Je me suis dit que ça allait suivre en France. J’ai donc regardé pour m’équiper, mais je n’ai pas trouvé de solution adaptée. J’ai donc défini mon cahier des charges et j’ai contacté mon réseau pour évaluer la faisabilité. J’ai monté un dossier pour entrer dans l’incubateur d’entreprise Innotex à Tourcoing. J’ai mis au point une solution nouvelle d’impression 3D compatible aux besoins des industriels. Cette technologie utilise directement les granulés plastiques, et offre des performances techniques supérieures aux autres technologies d’impression 3D.

Justement, qu’apporte cette technologie par granulés par rapport aux imprimantes classiques au fil ?

Cette technologie n’est pas tributaire de consommables captifs recommandés ou fournis par le fabricant, et qui sont revendus à prix fort. La technologie e-Bridium utilise des granulés plastiques utilisés dans l’injection ou l’extrusion plastique. Il y a donc une large variété d’offre et des prix de consommable très bon marché. Les tests de comparaison avec de l’injection plastique nous ont prouvé que les performances étaient supérieures avec une densité de matière moindre. La matière est moins dégradée lors de sa transformation et conserve un maximum de ses caractéristiques.

J’ai cru comprendre que ce n’était pas le seul point fort de l’eBridium 400 ?

La solution e-Bridium 400 offre la possibilité d’imprimer avec des buses de 0.4 à 2mm de diamètre. L’e-Bridium 400 offre un volume d’impression de 400x400x400mm. Des composants industriels sont utilisés, ainsi qu’un ensemble de système de sécurité, pour répondre aux exigences de production industrielle. La solution est compatible en MtoM avec un robot collaboratif Universal Robot pour charger et décharger la pièce imprimée, rendant le système complétement autonome.

Concevoir une imprimante 3D ce n’est pas une mince affaire. Vous avez fait ça tout seul ?

Mes connaissances techniques n’étaient pas suffisantes pour élaborer l’ensemble de la solution. J’ai fait appel à des prestataires pour mener à bien certains points de l’ensemble de la technologie. Il y a des problématiques de mécanique, d’informatique, d’électronique, de thermie, de plasturgie, de robotique, sur un même projet, ce qui rend le sujet très complexe et nécessite une vision globale.

Quelles ont été les grandes étapes de ce projet ?

Tout d’abord, il y a eu un cahier des charges déterminant la solution idéale. J’ai procédé à la recherche de brevets sur le sujet. Il a fallu tester des machines existantes et analyser ce qui pouvait être réutilisé pour optimiser le développement. Puis nous avons choisi une solution technologique. Il a fallu ensuite dessiner les pièces sur mesure et identifier les pièces standards. Il fallait ensuite trouver des développeurs compétents pour générer la solution de pilotage de la machine. Il fallut tester, et ajuster la solution pour obtenir la qualité d’impression désirée.

Quels sont les verrous qu’il a fallu faire sauter ?

Le verrou technologique était d’imprimer avec une qualité suffisante avec une tête compacte et embarquée sur un chariot mobile.

l’eBridium avec déchargement automatique par bras robot.

Cela représente combien de nuits de travail ?

Cela demande en effet beaucoup d’efforts, et peu de vacances. C’est un projet de passionné, on travaille sur le projet, le soir, le WE, pendant les vacances. C’est très prenant, mais il y a beaucoup à faire. Le projet ne s’arrête pas à des considérations techniques, il y a du juridique, des business plan, de la recherche de fonds, de la recherche de partenariats et de synergie, de la veille technologique, du commercial, de la communication, du marketing et du design industriel.

Et les meilleurs opportunités ?

De nombreuses sociétés et instituts de recherche se sont dits très intéressés par la technologie e-Bridium. Il y a un réel marché qui attend ce type de réponse.

Et si c’était à refaire ?

Je le referai, en y enlevant certaines erreurs et en prenant certaines précautions.

Quel business model pour une imprimante aux consommables économiques ?

Le but n’est pas être leader en volume. Je veux me faire une place sur un marché de niche, avec un équipement sans réelle concurrence.

Les premiers débouchés sont-ils encourageants ?

Les premiers retours sont très positifs car il répond aux atteintes des spécialistes de la plasturgie, mais aussi pour ceux qui n’ont pas été totalement satisfaits par les autres solutions sur le marché.

J’imagine que vous n’allez pas vous arrêter là… Ce ne serait pas indiscret de vous demander ce qui pourrait bientôt nous surprendre ?

Une solution e-Bridium Giga a été présenté au mois de juin dernier avec une dépose par robot industriel. Cette solution permet d’imprimes en 6 axes. Elle s’adresse à la fabrication de grandes pièces, toujours avec la même technologie d’impression. Il y a encore beaucoup à faire sur le sujet.

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About the Author:

Grégory Sant

Fondateur de l’entreprise All Trends qui commercialise l’imprimante 3D eBridium. Sa particularité est de permettre l’impression directement à partir de granulés d’injection. Cela présente beaucoup d’avantages comme la disponibilité illimitée des matières, leur prix, la qualité obtenue…
Egalement blogueur sur alltrends.over-blog.net

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