Du tambourin à l’innovation de rupture : interview d’un entrepreneur qui fait émerger un nouvel instrument de musique…

Vidéo : démonstration du premier concept de tambourin mélodique réalisé par Guillaume Toutain. Attention, il faut un casque audio ou un caisson de basse pour reproduire les sons de basse très profonds de cet instrument.

 

Crea.Coffee a interviewé Guillaume Toutain, entrepreneur, fondateur de JOGAD’OC. Il prépare un nouvel instrument de musique avec lequel il compte bien conquérir les scènes…

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ? Votre parcours, vos affinités, comment vous en êtes arrivé à travailler sur ce projet ?

 

De formation initiale, j’ai un diplôme en orthoprothèse. J’ai travaillé dans l’humanitaire avec Handicap International, au Maroc pendant un an et demi, en Bosnie-Herzégovine, juste après la guerre et pendant 3,5 ans au Brésil. J’ai contribué à la création  de structures d’appareillage orthopédique et de centre de formation. Pendant ce temps, j’ai découvert la percussion et  commencé à jouer en amateur.  Je suis rentré en France en 1999  pour  continuer à travailler en orthopédie.

Le premier tambourin de Carlo Rizzo

A ce moment-là j’ai rencontré un Italien, Carlo Rizzo, qui a inventé deux instruments : le tambourin polytimbral et le tambourin multitimbral. Ça tombait pile-poil parce qu’en parallèle, j’étais déjà en train de fabriquer des choses un petit peu hors norme, en adaptant des manettes sur un instrument brésilien appelé Pandeiro. On s’est tout de suite bien entendu.

En 2002 je décide de déposer un brevet sur un instrument inspiré de ce qu’avait fait Carlo avec pas mal de modifications. Jusqu’en 2009, à mi-temps, j’ai mis au point et vendu l’instrument. Les percussionnistes de « M », Bernard Lavilliers, Tryo mais aussi Glen Velez (NewYorquais aux 3 Grammys Awards) ont acquis cet instrument.

En 2010 je reprends mon boulot en orthopédie à temps plein. Ne vendant pas suffisamment d’instruments, j’arrête la production. Les instruments étaient vendu 450€ pour le modèle d’étude et jusqu’à 1250€ pour le modèle pro. C’était très artisanal et je n’avais pas de communication autour du projet.

Guillaume Toutain et la première version du tambourin mélodique.

Toujours dans le besoin de construire et créer, avec les médecins chef de service et médecin de rééducation, j’ai créé un service appelé  « clinique du positionnement et de la mobilité ». J’ai monté le service et je l’ai coordonné jusqu’en 2014. J’ai été appelé à plusieurs reprises lors de congrès scientifiques et de médecine. En quelques sortes j’étais « trouveur de solution techniques ».

En 2015 je décide de reprendre le projet tambourin mélodique sur la base d’un instrument  fabriqué avec des étudiants du département mécanique de la faculté de Montpellier 2. En 7 ans,  150 étudiants ont travaillé sur le projet. C’était assez enrichissant. Ils avaient développé un tambourin mélodique en impression 3D. Je me suis dit que cela pouvait  être compatible avec l’injection plastique. Du coup, quelque chose de beaucoup moins onéreux et des volumes de ventes supérieurs.

Après  une réunion avec ma femme et les enfants, car c’était un changement important, j’ai entamé le travail de retour de l’instrument sur le marché, seule, le soir après le travail de 21h à 23h. J’ai développé, avec l’aide du techlab de Valhauquès et de l’entreprise 3DModular Systems, une imprimante 3D (de plus d’un mètre de long) pour réaliser mes prototypes. J’ai réussi à « embarquer » des professionnels : ingénieurs, designers, vidéaste, pas mal de gens, avec l’objectif de refaire un instrument compatible injection plastique.

Début 2016, J’ai obtenu un financement de la région via Transfert LR pour réaliser une étude de marché concentrée sur l’accueil de cet objet. Pour faire simple, est-ce que cet instrument peut susciter de l’intérêt ou pas du tout ? Le retour a été très positif. J’ai été mis en lien avec l’incubateur d’entreprises innovantes de l’école des mines d’Alès.

Maintenant le projet commence avec une nouvelle forme, un nouvel accompagnement par le biais de l’incubateur d’entreprise des mines d’Alès. Depuis le 1er mars je suis en convention avec eux et j’ai quitté mon ancien travail en orthopédie pour me dédier  à 100 % sur le projet.

 

Avant de continuer sur l’aventure avec les mines d’Alès est-ce qu’on peut essayer d’expliquer aux gens ce qu’est un tambourin mélodique ?

 

Stephane Hocquet tenant le Tambourin Mélodique

Tout à fait… Je reprends à la base : le tambourin c’est un instrument des plus vieux au monde. Un instrument qui a 3000 ans. Au début c’était simplement un cadre avec une peau. 1500 ans plus tard, il a évolué avec des petites cymbales, ça a donné le tambourin que nous connaissons.

Il est utilisé dans de nombreux pays. Ça peut être un instrument emblématique : Baudhran en Irlande, Pandeiro au Brésil, Tamburello en Italie, Bendir dans les pays arabes et ainsi de suite…Il est resté ensuite  1500 ans sans évolution.

Est arrivé cette personne dont je parlais, Carlo Rizzo. Lui s’est inspiré du système mécanique des timbales en musique classique, avec des bras de levier qui vont avoir une action sur la peau. Résultat il va tendre et détendre la peau. Il s’est inspiré d’une seconde chose : les caisses claires de batterie. Des petits filaments ressort  sont tendus contre la peau, elle aussi très tendue. Quand on va taper la peau on va obtenir un son très caractéristique très sec. Bien avant le ressort, étaient utilisés des fils en  boyau tendu sur la peau (encore aujourd’hui sur des  Bendirs Arabes traditionnels). Il a refait le chemin en restant sur le tambourin. Ainsi il a remplacé les 2 cordes de boyau du bendir  par un timbre amovible escamotable, ce qui a donné les 2 nouveaux instruments polytimbral et multitimbral. Un tambourin qui module les sons de la peau par des montées et des descentes un peu comme un effet Wawa et un timbre de caisse claire qui va permettre d’avoir des sons secs, comme une batterie. Par ailleurs dans le cas de Carlo il y a aussi des systèmes qui vont bloquer plus ou moins les petites cymbalettes  offrant  des possibilités sonore et rythmique intéressantes.

Le Tambourin Mélodique vu de dos

Qu’est-ce qu’apporte le tambourin mélodique dans tout ça ? Il est inspiré de ce qu’avait fait Carlo mais avec un système de commande différent, notamment sur la séparation entre la commande de tension de la peau et le bouton d’action sur la caisse claire. Cela  ouvre une autre voix au jeu de basse. La modulation est mieux contrôlée et on a 2 octaves de son de basse, un peu comme une contrebasse. Cela nous permet de jouer simultanément comme un ensemble de contrebasse et d’une batterie. Les  caractéristiques du tambourin mélodique réside là-dessus, ce jeu d’accompagnement rythme-mélodie. Il n’existe pas d’instrument avec une telle dualité affirmée. Il assure le rythme et l’accompagnement basse de toute musique.

Il y a aussi d’innombrables options. Il y a des petits aimants, une baguette qui permettent de faire un peu comme un archet sur une contrebasse, etc.

 

Est-ce qu’on irait jusqu’à dire qu’avec un seul instrument, on peut être aussi riche et tout un orchestre ?

 

Ganech Anandan (Canada)

Presque, il faut rester pragmatique. C’est surtout la palette sonore. Si j’en décris quelques-uns : on peut jouer comme si c’était une batterie toute seule, on peut jouer comme si c’était une batterie et une contrebasse, imiter certains instruments existants, se rapprocher du timbre et de sons existants : Le Bodhrán Irlandais, le Pandeiro Brésilien, le Djembé, les castagnettes -que ce soit en musique irlandaise ou en flamenco. Il y a des sons très proche de ceux utilisés dans les  musiques électroniques. C’est d’ailleurs très intéressant. Avec un instrument acoustique on peut se rapprocher des sons d’un instrument électronique.

Il imite, se rapproche MAIS ! Il n’égalera jamais les instruments originaux ! Une batterie ou une basse seront toujours plus riches dans leur domaine d’utilisation mais une batterie ne fait pas de basse et vice versa. Le tambourin mélodique oui. Cet instrument offre une autre approche du jeu musicale. Le placement, la justesse du jeu de basse est très proche de celui de la voie.

 

Comment est-ce que ça s’intègre dans une scène ? Par exemple : à côté de quels instruments ?  

 

À côté de tout ! Il est universel. On en peut jouer sur du tango Argentin, un blues américain,  une musique iranienne, une orientale, tout ce qu’on veut… Ce sont des fréquences de percussion et de basse qui vont dans tout. Après cela dépend de ce qu’en fait le musicien. Moi je joue à ma manière, qui est très propice pour accompagner du Jazz Manouch, le New Orléans avec une technique de jeu qui est très facile à aborder, on a vraiment le côté contrebasse batterie. Ca c’est mon goût personnel, je joue  pas mal sur des musiques trads, et j’adore l’improvisation via sampling.

 

Ok, vous pensez qu’on a fait le tour sur l’instrument et la technique où est-ce que vous avez des choses à ajouter ?

 

Après il y a une autre voie dont je n’ai pas parlé… Comme je le disais on peut avoir des sons proches de la musique électronique via un instrument acoustique mais on peut aussi l’amplifier… On a alors des sons de basse extrêmement présents et profond. On peut aussi adjoindre des pédales de multi effet de sampling et là on arrive avec un instrument électro-acoustique. On a des dizaines de sont distinctes très différents c’est très riche.

 

On parlait tout à l’heure de la manière dont vous êtes arrivés à travailler sur ce projet. Vous nous disiez qu’en mars vous avez rejoint l’incubateur À partir de là comment vous avez fait au niveau des ressources ?

 

J’ai fait une rupture conventionnelle avec mon ancien employeur. C’est un risque, c’est pour ça qu’on en a beaucoup parlé avec ma femme et mes enfants. Pour qu’il n’y ait pas de désaccord. Je touche le chômage donc j’ai 2 ans chrono pour que le projet fonctionne. C’est pour ça que j’ai encore une bonne relation avec mon ancien employeur. Au-delà de 2 ans ce sera une situation plus compliquée. J’ai aussi engagé mes économies et vendu ma très chère moto pour commencer à financer le projet.

 

À partir du moment où vous êtes mis dans l’incubateur est-ce que ça vous a apporté des choses particulières ?

 

Dans l'atelier Guillaume Toutain, qui travaille sur la première version.

Ça a tout changé ! Je pars d’un projet où j’étais tout seul avec mon histoire. Et là, j’ai des gens qui m’accompagnent. Notamment une  chargée d’affaire avec  des compétences particulières en création d’entreprise, en commerce etc. Ils aident à cadrer l’aventure et challenger les points de vue que je pourrais avoir. Ils « valident » aussi la crédibilité ou l’état de maturation du projet le rendant éligible ou non à des aides. J’ai aussi des formations régulièrement : j’apprends la comptabilité, le marketing, bref à devenir entrepreneur. Cet accompagnement est une véritable chance…

 

Le point fort de l’incubateur, c’est donc vraiment l’aspect formation ?

 

Il y a aussi l’aspect financier. Là, j’ai eu un financement de la région occitanie et de l’Europe qui s’appelle l’aide à la faisabilité commerciale plafonné à 12 000 €. Ça va me permettre de lever un certain nombre de doutes côté marché.

En octobre je vais avoir des projets et dessin d’un designer mais je ne vais pas pouvoir bénéficier d’un second financement pour la faisabilité technique afin de réaliser les premiers prototypes en vue d’une industrialisation. Il me faut trouver ce financement par d’autres moyens.

 

Reprenons le déroulement, depuis mars vous avez attaqué le design d’un produit avec un designer, c’est ça ?

 

Un petit peu après mars nous avons refait une étude de marché appelée  « flash » autour de l’intégration de l’instrument dans l’environnement professionnel de la vente. Quelque chose avait déjà été mis en évidence lors de  la première étude de marché a été confirmé à nouveau. Certains points sont à revoir comme le nom et le design.

  • Le tambourin peut être emblématique dans certains pays, ce qui est contradictoire avec le côté universel que je propose.
  • En France, il y a une très mauvaise considération sur le tambourin. Pour beaucoup de monde, c’est vraiment le truc à deux balles. Ce n’est pas un instrument. On le jette au fond de la caisse avec le triangle.
  • Outre le nom, dès qu’on le voit, de toute évidence on reconnaît un tambourin

Alors aller titiller le terrain de l’innovation dans les instruments de musique avec ces considérations, c’est pas top. Finalement la plupart des gens qu’on a vu en focus groupe ont dit : “ce n’est pas un tambourin votre truc, c’est beaucoup plus que ça !”.

Il faut donc sortir de l’image du tambourin. En somme quand on voit l’objet, on ne doit pas penser un tambourin dans un premier temp. Il doit suggérer un nouvel univers. J’aime bien l’idée du couteau suisse du musicien. Quand on parle du Hang, l’instrument le plus cité dans l’innovation, tout le monde sait de quoi il s’agit. Quand on tape sur le Hang on a un son métallique caractéristique. Quand on le voit, on le reconnaît immédiatement. C’est son univers. C’est la partie sur laquelle nous travaillons avec les designers.

 

Vous avez déjà le nom ?

 

Hé non… Justement… Il faut qu’on revoit les focus groupe et des étudiants doivent travailler avec nous là dessus en septembre

 

Et le design, que vous a-t-il apporté ?

Sergio Bacalhau (Brésil et France)

Sergio Bacalhau (Brésil et France)

 

J’adore ! Ils font une analyse profonde de l’objet dans sa fonction, dans l’utilisation et dans le visuel. Ils ont remis à plat l’ensemble de l’instrument. C’est vraiment une approche idéale par rapport à la situation actuelle. Le mot d’ordre c’est la rupture. Donc là les designers viennent amener quelque chose de nouveau, par rapport à la forme mais aussi à la prise en main.

 

Donc à la fois un aspect communication pour sortir de l’image du tambourin et à la fois un aspect ergonomie ?

 

Oui. En ergonomie : facilité d’utilisation et de réglage. Les choses doivent être simples.

 

Après le design, on arrive à la phase technique, d’ingénierie ?

 

Dans l’immédiat je suis en recherche de financement pour finaliser  le projet design vers sa version détaillée, nécessaire à l’ingénieur de l’École des Mines  pour réaliser des prototypes et travailler sur son mode de production semi industriel.

 

C’est l’incubateur qui vous permet d’être accompagné par un ingénieur de l’École des Mines ?

 

Une des conditions pour intégrer l’incubateur c’est d’avoir à lever une barrière technologique technique demandant l’intervention d’ingénieurs . Dans mon cas, c’est la plate-forme mécatronique avec un ingénieur chercheur qui est en charge de cet aspect.

 

Donc cette plateforme, c’est comme un bureau d’étude externe. Il faut quand même le financer ?

 

Les petites choses facile peuvent être faites dans le cadre de l’incubation. Quand on avance sur un projet global -et là ça va être le cas- on demande un devis.

Sergio Bacalhau brandissant le tambourin mélodique.

 

Et vous savez à peu près ce que cela représente en terme de financement pour développer cet instrument ?

 

On ne connaît pas encore les matériaux, on ne connaît pas encore la forme, mais on va très certainement être sur une enveloppe de 35 à 40 000€ pour un prototype utilisable à montrer en public. Sans compter les autres ligne de financement à évaluer (graphisme, web et.). C’est pourquoi je participe à des concours d’entrepreneurs pour tester mon projet mais aussi acquérir de la notoriété. Ainsi JOGAD’OC en 6 mois est déjà lauréat de la « feria des entrepreneurs » de Béziers et termine 7 ème au concours national « défit entreprendre ». Je compte participer à  d’autres concours plus orienté sur le financement de projet.

J’envisage aussi un financement participatif avec des préventes, pour avoir un retour  marché et faire un peu de trésorerie lors du lancement

A noter que je suis aussi en recherche d’un associé dans les domaines de la communication et/ou web marketing / et/ou business développement.

(Un lien vers l’offre si vous êtes intéressé !)

 

Les aspects fabrication, c’est des choses que vous avez envisagé aujourd’hui ? Vous aviez parlé de l’injection plastique ?

 

Non ce n’est plus à l’ordre du jour…

On va peut-être parler de l’aspect : “Qu’est-ce que JOGAD’OC ?”. J’ai vu des choses catastrophiques en management. Je ne voulais pas reproduire ça. Je ne peux pas dire j’ai créé une entreprise et j’ai recréé ce que je déplore à l’extérieur. Le but pour moi c’est de créer une entreprise durable et une entreprise à caractère humain.

Il y a un engagement éco-citoyen qui m’est très cher sur le projet. D’ores et déjà JOGAD’OC ça veut dire production dans le bassin du Languedoc. Donc on ne va pas aller faire du made in China, ça c’est hors de question. Ce n’est même pas négociable. Même si ça met le projet en péril, mais je n’y crois pas. Je vais travailler avec le tissu local. L’objectif sera d’avoir une notoriété JOGAD’OC autour de beaux instruments, aux caractères innovants forts

Pour moi un bon exemple d’entreprise c’est Dyson. Au-delà de  la plasturgie critiquable, ils ont toujours été en avance. Leurs créations ont toujours quelque chose de nouveau avec un vrai intérêt (des aspirateurs sans filtre qui aspirent, des sèches mains avec des turbines qui sèchent vraiment etc.)

J’estime être responsable de la création de cet objet. Fatalement je serai responsable de toutes les conséquences de sa production. Je ne peux pas me décharger.

La plasturgie pourquoi pas mais quel type de matériau est quelle conséquence au niveau de l’environnement ? Tout ça c’est des choses que je veux mettre sur table et réfléchir. Idem : pas de vernis nuisibles au niveau pollution. Si on n’en trouve pas il sera en bois naturel et il noircira avec la transpiration. C’est comme ça. Je veux rester sur cet engagement.

On va utiliser des matériaux qui peuvent être éco-citoyen. C’est avec le designer et avec l’ingénieur qu’on va réfléchir.

Carnal Recif au Bresil

 

D’accord donc plutôt le choix du bois. Vous savez qu’il existe des plastiques biosourcés type PA 1010 ou PA 11 ?

 

Tout à fait, c’est pour ça que je ne ferme pas totalement les portes à la plasturgie. Avec l’impression 3D j’ai pu utiliser le PLA reconnu non polluant. Là je suis en train de développer une nouvelle imprimante avec filtre intégré pour les nanoparticules et ça va peut-être me permettre de faire la production limitée de prototypes. Par exemple il y a une option du tambourin, une castagnette que j’ai conçues et qui seront entièrement imprimées 3D.

 

Est-ce que le choix des matériaux influence sur le son ?

 

Ça dépend… Pour le tambourin mélodique à  priori non. A l’exception de la matière en contact de la peau et le cerclage, là il y quelque chose. Pour le reste, pour avoir essayé le plastique et le bois je n’ai pas vu de différence notable.

 

Lancer un nouvel instrument de musique, c’est quelque chose assez rare pour qu’on le signal. Comment allez-vous faire pour le populariser ? Il va falloir que les gens apprennent et investissent dessus.

 

Il y a plusieurs pistes. Comme je l’ai dit tout à l’heure je suis à la recherche d’un associé parce que je ne veux pas être seul. J’aime bien quand on est à plusieurs à réfléchir à échanger et à débattre. Sa partie première va être la communication.

Il y a quelques musiciens (dont certains ne sont pas manchots) qui sont partants pour communiquer autour de l’aventure. Ils pourront aussi contribuer aux formations et initiations de l’instrument. D’autres seront endorsé.

Vidéo: Sergio Bacalhau avec le premier concept de Tambourin Mélodique. Il faut un casque audio ou un caisson pour reproduire les sons de basse très profonds de cet instrument.

 

Formation au tambourin mélodique

La formation sera un des piliers de JOGAD’OC

Vous comptez un petit peu sur le bouche-à-oreille ? 

 

Il y aura le bouche-à-oreille. Il y aura aussi la communication par les réseaux sociaux. Je commence là-dessus avec le facebook et un blog.  Le coté communautaire facebook ou twiter est important pour échanger, informer, montrer. Il l’est aussi vis-à-vis du crowdfunding . Ensuite  tous les autres médias sont à exploiter: presse papier,  internet, chaine Youtube etc.

Je serai aussi proche des petits magasins parce que cela me paraît important. Ce sont malgré le poids d’internet, de bons prescripteurs pour les instruments de musique innovants.

 

Y aura-t-il d’autres instruments JOGAD’OC ?

 

Il y aura d’autres instruments ça c’est clair. JOGAD’OC n’a pas la vocation à ne faire que le tambourin mélodie. Il y a déjà des instruments qui ont été prototypés. Le Karumba, un instrument avec des pédales, toujours à vocation rythme et mélodie. Il y a le cube,  un instrument dédié à l’apprentissage et la découverte musicale  des 5,13 ans. L’exemple que je donne souvent : on demande  à un enfant de taper avec une baguette et on lui met un métronome qui va faire droite-gauche-droite-gauche. Le mouvement de frappe est de haut en bas. C’est le meilleur moyen de créer une confusion au niveau praxique. Si le métronome est haut-bas-haut-bas il peut le suivre beaucoup plus aisément par mimetisme. C’est l’exemple de base. L’idée est de supprimer toutes les problématiques qu’ils peuvent rencontrer dans de nombreux domaines (ergonomie, intuitivité, justesse des notes, précision rythmique etc). Le CUBE se décompose en 4 grandes parties : une section aigue abordant la mélodie, une section médium et une de basse pour l’accompagnement harmonique et pour finir, sur une section rythmique.

Lionel Tessier avec le Tambourin Mélodique et le Hang, un autre instrument qui a su innover.

JOGAD’OC proposera les choses nouvelles. Si ce n’est pas nouveau, si ça n’apporte rien, aucun intérêt. JOGAD’OC va vivre des questionnements des demandes et manques des musiciens. Il y a vraiment un travail de fond. Le tambourin mélodique c’était un besoin personnel viscérale. Je n’ai jamais trouvé mon instrument. Un musicien doit trouver son instrument. Un musicien a besoin de sons pour s’exprimer, il a besoin d’expérimenter des instruments et il a besoin d’instruments pratiques. Ce sont les 3 premiers aspects que je met en avant dans l’idée du tambourin mélodique pour répondre aux musiciens. Ce sont des choses qui me paraissent inhérentes à tous les musiciens.

J’ai aussi des demandes de conception d’instruments. Des prototypes pour des musiciens qui veulent des choses particulières. J’ai besoin de garder cet aspect créatif au sein de JOGAD’OC donc cela peut être une des pistes intéressantes pour moi, pour ne pas m’enfermer. Faire du commerce avec de la relation humaine, je trouve ça passionnant, mais il faut quand même que je garde un aspect créatif. Faire des instruments passion cela peut être intéressant.

La chance que j’ai avec ce projet dès qu’on entend l’instrument, c’est vendeur. On perd un peu de profondeur sonore sur internet, il faut venir l’écouter en vrai.

 

 

D’avantage de vidéos et d’images sur le site de JOGAD’OC.

 

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About the Author:

Guillaume Toutain
Entrepreneur, fondateur de JOGAD'OC. Concepteur de nouveaux instruments de musiques, le premier d'entre eux étant le Tambourin Mélodique.

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