Cette vidéo illustre assez bien cette proposition, émises par des mouvements écologiques, de rendre obligatoire la reprise des produits usagés par les fabricants. Contraint de devoir gérer ses déchets, le fabricant serait ainsi enclin à créer des produits avec une durée de vie plus longue, plus faciles à recycler et si possibles modulables, c.a.d. qu’il n’est pas nécessaire de remplacer l’appareil pour le mettre à jour.

L’intention est noble, toutefois il convient de s’interroger sur son efficacité et sa mise en œuvre, pour éviter de faire d’une mesure écologique une nouvelle occasion de faire du green-washing, sans efficacité constatée.

Le premier point qui pose problème est bien sûr la mise en œuvre du circuit de reprise. Il est facile d’émettre une loi disant que les producteurs doivent reprendre leur produit. Mais comment leur renvoyer ? Par la poste ? En l’absence de circuit de reprise efficace il sera toujours plus facile pour l’utilisateur de balancer ses produits aux ordures, que de chercher comment se le faire reprendre.

Supposons que ces circuits soient effectifs et que la reprise doit devenue une réalité. Quelle part de vérité y a-t-il dans le fait de dire que la reprises obligera les fabricants à concevoir plus vert en amont ? Par ce qu’on peut aussi concevoir moins cher à éliminer, sans forcément que ce soit plus respectueux de la nature. De plus, l’impact de la reprise sera sans doute très différent en fonction du type d’industrie. Certains concevront écologique, d’autres non, créant des déséquilibres sur le marché.

D’autres déséquilibres à prévoir, tous les pays n’imposeront pas la reprise. Pour éviter de défavoriser les entreprises françaises, il faudra faire en sorte que cette mesure concerne tous les entrants du marché. Vous vendez en France, vous reprenez. C’est le prix pour entrer sur le marché, quelque soit la provenance de vos produits.

Enfin, tout ceci fonctionne bien pour les grandes entreprises, qui peuvent se permettre les investissements liés à la reprise. Mais cela risque d’augmenter encore le coût d’entrée sur le marché pour les entrepreneurs qui démarrent leur activité. Pour ne pas pénaliser entrepreneuriat en France, il faudra sans doute prévoir des dispositifs d’aide à la mise en place en place de la reprise et mettre en place des services de reprise mutualisés pour les entreprises qui n’ont pas les moyens de développer leur propre circuit.

Nous sommes tous d’accord, l’écologie est une priorité et il est temps d’agir. Et bien justement, sur le site The Story of Electronics, d’où est tiré cette vidéo, ce que j’aurais aimé voir c’est des préconisations pratiques et réalistes sur la mise en œuvre industrielle de la mesure qui est proposée.

Et vous, que pensez-vous de la reprise ?